Il brasse sa bière à Genève dans des containers industriels

Un Genevois d’adoption produit sa propre bière avec du matériel et des cuves qu’il a fabriqués lui-même. Portrait d’un passionné.

A défaut de billets, c’est du houblon qu’il brasse. Tom* a commencé à mettre la main dans la cuve il y a quelques temps déjà. Mais depuis le début de l’année, son hobby commence à prendre du volume.

La bière qu’il brasse depuis 2012, est fabriquée de façon un peu interlope. Dans deux containers industriels entreposés dans un dépôt de la campagne genevoise, un lieu qu’un ami lui prête. On n’en saura pas plus. Petit clin d’œil à la situation originale dans laquelle cette bière est brassée, le logo de sa marque consiste en une branche de houblon accrochée à un container. « Le truc avec ma bière, c’est que je la vends à des amis, s’amuse le remueur de malt. Mais je vous assure, elle est excellente. Je la fabrique de A à Z, environ 200 litres par mois. » Oui, Tom vend ses bouteilles de bière de façon informelle. Mais il y voit plus un hobby qu’un moyen de gagner sa vie. Dans la vraie vie, il travaille dans l’enseignement.

Fabrication maison

Quand Tom dit de A à Z, il le fait. Le brasseur a tout conçu lui-même. Il a fabriqué ses cuves, coupé et vissé le métal de ses propres mains. «Ma plus grande citerne provient d’une chaudière à eau de 600 litres en inox, que j’ai récupérée puis découpée en deux. C’est là dedans que je brasse mon malt. Il n’y a que les soudures que j’ai fait faire. La plus grande partie mon matériel provient de récupération. Le tout m’a coûté environ 5000 francs.» La décoction sera ensuite houblonnée puis le moût filtré. Etape suivante, la mise en bouteille, à la main, toujours. Le tout dans ses 30 m2 de container industriel. Les seuls produits qu’il achète sont le malt, le houblon et la levure, sur internet.

Les locaux dans lesquels Tom brasse sa bière lui ont été offerts par un ami. Dans l’un d’entre eux, il a même installé une chambre froide. Elle lui sert à ralentir la fermentation de son malt et à gazéifier la potion. « J’ai brassé mes premières bières en hiver, mais l’été venu, je me suis rapidement rendu compte qu’il me fallait une chambre froide.»

Une passion qui se développe

Tom a commencé à brasser de la bière en 1989, lorsqu’il était à l’université, et petit à petit, ce passe temps est devenu un hobby, voire une passion. « J’aimerais continuer à partager ma bière avec plus de monde, je vois qu’il y a là une certaine soif, mais si je produis davantage, les limites de mon matériel seront rapidement atteintes. » Seul souci du brasseur genevois, le lieu où il produit sa bière n’est pas adapté et manque de charme. « Je cherche une solution de rechange peu onéreuse, voire gratuite, dit-il. La seule chose qu’il me faut c’est de l’eau et de l’électricité. Si jamais, on peut me joindre ici : brasseur.geneve@gmail.com »

Une bière à fermentation haute

Tom brasse une bière à fermentation haute, inspirée de l'“India Pale Ale“, d’origine anglaise. Cette sorte de bière a été développée au XVIIIe siècle, pour approvisionner les troupes coloniales britanniques en Inde. Elle contient plus de houblon, ce qui lui permettait de mieux se conserver durant les longs voyages .
La fermentation haute nécessite l’adjonction dans le moût de levure dite «haute». Elle permet ainsi l’obtention d’arômes complexes.

Quelle: tdg.ch